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Tanies
Ecrivaine, poète, peintre et dessinatrice, je regroupe mes œuvres sur mon site (Site de Tanie), et parle de mes lectures/films vus/découvertes et expériences diverses sur mon blog...
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lundi 20 octobre 2008

Auteurs, un site pour vous...


Auteurs, Livres et Dialogues

Un site qui promeut les auteurs de façon totalement désintéressée et
très professionnelle à la fois ?

Qui prévient contre différentes arnaques, aide les nouveaux auteurs à
se trouver un éditeur ?

Meuh si, ça existe... La preuve, c'est là :



logo de www.georges-gavazzi.com

dimanche 12 octobre 2008

Le livre du jour : Le petit livre des couleurs

De Michel Pastoureau et Dominique Simonnet.
Un tout petit livre de poche aux éditions points.
Souvent très instructif, sur l'histoire des couleurs, et surtout des sens/tabous/idées qu'elles véhiculent, leur ambiguïté (rouge-amour ou rouge-guerre, bleu des yeux de femmes de mauvaise vie dans l'antiquité ou bleu des vêtements de la vierge, etc.)
On y (re)découvre des généalogies oubliées : ater, le "noir mat" latin qui a donné "atrabilaire" : de bile noire, vient s'opposer à niger, le "noir brillant".
On reprend l'histoire des teinturiers, chacun s'occupant d'une teinte particulière, avec autorisation (licence) spécifique (les rouge garance ne pouvant travailler, par exemple, le rouge kermès, beaucoup plus cher car issu des œufs de cochenille présents sur certaines feuilles de chêne) ; on y apprend les féroces rivalités entre "rouges" et "bleus" (les teinturiers spécialisés en rouge garance allèrent jusqu'à soudoyer un peintre en vitraux pour qu'il réalise un diable... en bleu !).
Il y a aussi l'histoire du vert, du jaune, du blanc, du noir, et des couleurs plus "secondaires".
Le tout étant circonscrit à l'univers occidental (très peu de références à l'Asie, dont la palette diffère quelque peu. On y rappelle toutefois que le jaune, plutôt mal vu chez nous, est là-bas une couleur royale, et que le blanc y prend la place du noir pour le deuil)
On y parle de drapeaux, de vêtements ; de stabilité ou instabilité des couleurs (le vert tient sa réputation de versatilité à ses propriétés chimiques) ; et même un peu de physique (le blanc et le noir sont-ils de véritables couleurs ? La distinction entre couleurs primaires et secondaires est-elle véritablement fondée ?)
Bref, petit livre mais grand intérêt, écrit par un passionné des couleurs (issu d'une famille de peintres...). Pour 5 euros, malgré la crise, on peut encore s'offrir ça !!!

jeudi 9 octobre 2008

A propos de la Crise et de la création d'argent...

Allez voir là, c'est très instructif (mais prévoyez du temps, la vidéo est longue) :
http://leweb2zero.tv/video/bankster_8648d65af997f88

jeudi 2 octobre 2008

Haruki Murakami

Je viens de terminer Danse, Danse, Danse, suite logique au roman La Course au Mouton Sauvage, et je trouve que décidément, Haruki Murakami est l'un des romanciers contemporains les plus doués.
Entre réalité et fantastique, émaillés de réflexions sur la vie, ses livres me procurent toujours énormément de plaisir - au point que je ralentis ma lecture pour en profiter le plus longtemps possible.
Danse, Danse, Danse et La Course au Mouton Sauvage constitue la fin de la "trilogie du rat" (en fait, donc, plutôt une tétralogie, quoique dans Danse, Danse, Danse, le Rat soit mort ). Hélas, les deux premiers romans, à savoir Pinball 1973 et Ecoute la Chanson du Vent, ne sont pas encore traduits en français...
Mais les deux derniers peuvent se lire indépendamment des précédents (la preuve, je n'ai appris l'existence de la "trilogie" qu'après avoir lu La Course au Mouton Sauvage, que j'ai tellement aimé que je me suis aussi tôt plongée dans Danse, Danse, Danse.

Difficile à résumer, puisque ce n'est pas tant l'histoire (une espèce de conte philosophico-fantastique contemporain où la réalité et le "rêve" - à moins qu'il ne s'agisse finalement d'une autre réalité - s'interpénètrent) que ce qui y est dit, ligne après ligne, qui éveille la réflexion - ou l'émerveillement, devant une description à la fois originale et extrêmement bien sentie.
Voici quelques extraits - même si, comme ça, coupés de leur contexte, j'ai bien peur qu'ils perdent un peu de leur saveur...

"Il y a toujours une raison quand les gens meurent. Et même si ça a l'air simple, ça ne l'est jamais. C'est comme une racine. Il n'y a qu'une petite partie à l'air libre, mais si on tire, il y en a plein qui sort. La conscience humaine plonge ses racines dans de profondes ténèbres. Très complexes et très profondes.... Avec trop de choses qui échappent à l'analyse. Les vraies raisons, seul l'intéressé peut les comprendre vraiment. Ou peut-être même l'intéressé n'en sait rien."
Ce passage me parle évidemment énormément, à comparer (très modestement, mes propres textes n'arrivant évidemment pas au début du talon de Murakami...) avec cet extrait de Tanabata, à paraître prochainement :
"Clélia s’efforce d’éprouver le moins de remords possible en ce qui concerne son frère. Elle essaie de se persuader qu’elle n’y a été pour rien, qu’elle n’aurait rien pu faire de mieux, que c’était finalement peut-être une bonne chose, que son frère arrête sa vie à ce moment précis. Mais son cerveau se rebiffe, il refuse de se contenter de cela, il exige ne serait-ce qu’une amorce d’explication. Drame de l’humanité qui toujours s’efforce de décrypter les choses, de trouver des raisons aux phénomènes, qui ne peut accepter le hasard comme une explication suffisante. Il n’y a qu’à voir les problèmes d’interprétation qui se sont cristallisés sur le formalisme quantique. Comme aimait à le dire justement le frère de Clélia, pourquoi diable vouloir interpréter à tout prix, les outils fonctionnent, c’est tout ce qu’on leur demande. Le reste n’est peut-être que pur hasard.
Mais l’esprit de Clélia se trouve en révolte permanente contre le hasard : toute rencontre fortuite avec Seb lui apparaîtra ainsi coïncidence suspecte, signe du destin, appel de la fatalité. Clélia voudrait que la mort de son frère s’intègre à son tour dans ces schémas un peu paranoïaques où tout devrait avoir un sens – même si, après tout, son frère n’a peut-être fait que se dandiner un peu trop, lui aussi, au bord du quai."


Autre extrait de Danse, Danse, Danse :
"Mon insomnie n'était pas due à une activité intense de ma pensée. Non. Je ne pensais à rien. J'avais le cerveau trop fatigué pour réfléchir à quoi que ce soit, mais le sommeil ne venait pas. Mon corps et mon esprit tout entiers le réclamaient désespérément. Mais une partie de mon cerveau était si tendue qu'elle le refusait obstinément, au point que je finis par atteindre un degré d'énervement douloureux. Le genre d'irritation qu'on peut éprouver en essayant de lire le nom des gares sur des panneaux indicateurs, depuis la fenêtre d'un train express lancé à pleine vitesse. Une gare approchait, cette fois j'allais concentrer mon regard et arriver à lire le nom de la ville, mais non, impossible. La vitesse était trop rapide. Je distinguais vaguement la forme des caractères, sans parvenir à les déchiffrer. Et en un instant la gare était dépassée. De petites gares de villes lointaines, aux noms inconnus se succédaient ainsi, au rythme des sifflements stridents du train qui vrillaient ma conscience comme autant de piqûres de guêpe."
Je ne sais pas vous, mais moi, j'en ai connu des insomnies comme ça. Heureusement pas très souvent !!! Mais je trouve la description particulièrement efficace - et cette comparaison avec la lecture des noms de ville à partir d'un train, quelle idée magnifique !

Allez, une dernière, particulièrement d'actualité :
"[...] aujourd'hui le monde du gros capital a incroyablement raffiné et durci ses filets, grâce à l'arrivée d'énormes ordinateurs centralisant les informations. Désormais tout est pris dans les mailles de ce filet. Le concept de capital parcellisé à rendement intensif a atteint son apogée. C'est devenu quasiment une croyance religieuse. les gens rendent un culte au dynamisme contenu dans le capital. Ils rendent un culte à la mythologie du capital. Ils rendent un culte au prix du terrain à Tôkyô, et à ce que symbolise une Porsche rutilante. Tout ça parce qu'il ne reste plus aucun mythe dans le monde moderne.
C'est ça, la société capitaliste de pointe. Et que ça nous plaise ou non, nous vivons en plein dedans. Même l'échelle du bien et du mal s'est morcelée, sophistiquée. Il y a le bien à la mode, et celui qui ne se porte plus. Tout comme il y a un mal au goût du jour, et un mal démodé.[...] Dans un tel monde, la philosophie ressemble à de la théorie de gestion. La philosophie touche de près le dynamisme d'une époque.
En 1969, par exemple, le monde paraissait simple. Dans certains cas, lancer des pavés sur des gendarmes mobiles devenait une forme d'expression personnelle. Mais avec la philosophie sophistiquée d'aujourd'hui, qui irait lancer des pavés sur des policiers ?Qui voudrait avancer pour se faire asperger de gaz lacrymogène ? C'est comme ça, maintenant. Le filet s'étend partout, dans le moindre recoin. Et à l'extérieur de ce filet, il y en a encore un autre. On ne peut plus aller nulle part. Si vous lancez un pavé, il vous reviendra dans la figure en boomerang."
Ce texte a été écrit début 1988...
Je crois que c'est pour cela que j'apprécie aussi Murakami : pour ce qu'il dit sur la société contemporaine. Ses personnages sont toujours des marginaux - sans travail, ou travailleurs irréguliers, un enfant dans Kafka sur le Rivage (présence aussi, dans Danse, Danse, Danse, d'une fille de 13 ans hors du système scolaire), etc. Toujours des hors-système, mais qui parviennent à s'en sortir, à leur propre façon. Qui refusent de se plier au jeu de la masse, qui sont indépendants. Sans doute qu'au Japon, la pression sociale étant plus forte que partout ailleurs, la conscience de ce problème est également plus aiguë - et Murakami parvient à l'exprimer magnifiquement.
En parlant de filet, je l'évoquais moi aussi, de façon plus "métaphysique", dans les Ecrits de la Lucarne - peut-être est-ce pour cela, aussi, que l'extrait que je viens de citer me parle tout particulièrement : on ne retient que ce pour quoi on éprouve des affinités. Pour moi, Murakami, c'est un Dostoïevski mâtiné de Gombrovitz, je l'aime parce que ce qu'il écrit réveille en moi des correspondances...
Voici le passage en question :
"Le problème n’est pas dans la cage mais dans sa porte : ouverte, exit la cage, on a un abri, un cocon, seul suffit le fait de pouvoir sortir, peu importe si l’on ne (s’en) sort pas finalement - on ne s’échappe que de quelque chose qui nous enferme. Or la folie comme la mort sont de petites portes très sympathiques, alors on reste dans la vie, prisonnier de ses plaisirs comme d’une mangeoire bien garnie, angoissé de la quitter pour une contrée inconnue (paraphrasons Shakespeare), peut-être encore plus froide et inconfortable, on n’en sait trop rien, en tout cas, ceux qui y sont allés n’en sont jamais revenus.
Dieu ou ce qui en tient lieu a tissé ses filets en prenant garde d’y laisser quelques trous bien en évidence, et, plus subtilement encore, il a imaginé un courant assez fort pour nous entraîner à travers tôt ou tard, alors évidemment on résiste, on passe tout son temps à lutter contre le courant, et on ne s’aperçoit même pas que l’on reste prisonnier, que l’on fait du surplace dans la nacelle divine, heureux de pouvoir y rester encore quelques instants, reconnaissant envers ce Dieu qui a créé le Filet, et l’on baptise Liberté ce non-choix d’échappatoire."

Ca, c'est surtout pour moi...

Conjugaison :

© www.la-conjugaison.fr

Archives du blog

La pensée du jour :

Chawata et Human Sushi

Le CD "Portuguese shower" de Chawatta est vendu sur plusieurs sites, dont cdmail. Pour quelques critiques dithyrambiques, vous pouvez également aller voir sur progressia. Un extrait de chez eux :
Chawata propose une formule unique de "brutal jazz", qui emprunte beaucoup à Zappa et un peu à Magma. Cette démarche intéressante qui fusionne plusieurs genres (de Fishbone à Naked City), rappelle un peu celles des Canadiens de Miriodor, de We Insist ou même de Gong. Sur "Blob" (inspiré par le film de série Z ?), vous retrouverez tout ce panel stylistique, avec la "patte" Chawata : une technique et une fluidité à toute épreuve, qui fait passer ce mélange de riffs metal et funk mixé à une section de cuivre à la Soft Machine comme une lettre à la poste.


Le groupe Chawata n'existant plus, deux de ses anciens membres (saxo et bassiste) ont fondé avec un troisième luron, pote des premières heures et batteur chevronné, le nouveau groupe HUMAN SUSHI.

Pour écouter (morceaux courts sinon ça ne passe pas sur Deezer), cliquer ici.
(vous y trouverez toutes mes sélections musicales également)

La phrase du jour :

Le Kanji du jour :

Des sites pour le Japon :

Un super forum : http://www.lejapon.org/forum/

Le site pour la phrase et le Kanji du jour (et bien d"autres choses) :
rikai

Japonica d'une gaijin :
http://mon-japon.over-blog.com

Plein d'articles, avec traductions en japonais pour ceux que ça intéresse :
http://web-japan.org/nipponia

Sur l'histoire du Japon : (avec un forum avec plein d'infos diverses) :
http://www.histojapon.com

Plein d'infos, là aussi :
http://nezumi.dumousseau.free.fr/japon
http://japonline.free.fr





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